Chaire Claire-BonenfantFemmes, Savoirs et Sociétés

Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, Savoirs et Sociétés

Historique

Origines

La Chaire a été créée en 1988, dans le cadre du Programme de promotion de la femme du Secrétariat d’État du Canada suite à un concours. Elle est la seule parmi les cinq chaires régionales canadiennes qui soit uniquement francophone et l’une des rares dont le fonctionnement ait été continu. Afin de concrétiser ce projet, la Fondation de l’Université Laval a versé une subvention de 500 000 dollars, somme jumelée par le Secrétariat d’État, ce qui a permis de constituer en juin 1988 un fonds de capitalisation d’un million $. La Chaire d’étude sur la condition des femmes était née. Elle est devenue en 1997, la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes, pour manifester l'attachement des féministes de l'Université Laval et du Québec tout entier à la mémoire de cette femme de grand mérite, qui a occupé de façon intérimaire le poste de titulaire de la Chaire, en 1993. Le nom de la chaire a de nouveau été modifié en 2009, pour devenir la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés, afin de mieux refléter les intérêts et les préoccupations de la chaire.

La vice-rectrice aux ressources humaines entérinait, à l’automne 1988, le choix des comité scientifique et comité directeur de la chaire et nommait la première titulaire, Maria De Koninck. Spécialiste des questions relatives à la santé des femmes, au sida et aux inégalités sociales en santé, Madame De Koninck était professeure au Département de médecine sociale et préventive.

Claire Bonenfant, personnalité bien connue, notamment pour les différentes fonctions qu’elle a occupées à la Fédération des femmes du Québec et pour son mandat de présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, a été titulaire par intérim de la chaire en 1993. Elle a orienté son action sur les relations entre la chaire et les groupes de femmes.

Huguette Dagenais, professeure au Département d’anthropologie, a été titulaire de la chaire de 1993 à 1997. Bien connue pour ses recherches sur la condition des femmes au Québec, dans la Caraïbe, en Afrique et au Vietnam, elle est parmi les pionnières des études féministes au Québec. Elle est également cofondatrice de Recherches féministes, revue scientifique interdisciplinaire francophone d’études féministes et organisatrice du premier Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF).

Hélène Lee-Gosselin a été titulaire de la chaire de 1997 à 2001. Professeure au Département de management, elle travaille entre autres sur l’équité en emploi, les stratégies organisationnelles de conciliation travail-famille et les femmes dans les organisations. Son mandat a marqué une consolidation des liens entre la chaire et les groupes de femmes de la région de Québec, notamment sur la question de la place des femmes dans le développement régional.

Pierrette Bouchard, professeure au Département des fondements et des pratiques en éducation, a été titulaire de la chaire de 2001 à 2005. Elle s’est intéressée à toutes les questions soulevées en éducation par l’égalité entre les sexes, notamment l’accès, les cheminements successifs, les orientations, les aspirations scolaires et professionnelles et la réussite scolaire. Ses travaux ont privilégié les dimensions en lien avec l’origine sociale, culturelle et géographique des jeunes. La sexualisation précoce des jeunes filles a également fait l’objet de ses recherches.

Louise Langevin, professeure à la Faculté de Droit, a été titulaire de la chaire de 2006 à 2009. Avocate de formation, elle a travaillé sur les questions qui touchent les droits des femmes, principalement sur la problématique de l'égalité entre les sexes. Elle a abordé la propagande haineuse à l'égard des femmes, la protection des conjointes de fait lors de la rupture conjugale, l'analyse comparative entre les sexes, l'indemnisation des victimes de violence conjugale et sexuelle, de même que la traite des femmes. Elle a travaillé au sein du Réseau Genre, droits et citoyenneté de l'Agence universitaire de la Francophonie. En septembre 2008, la Chaire a été l'hôte du colloque international « Du dire au faire », qui a réuni des femmes des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Elle a occupé le poste de conseillère à la condition féminine pour la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (Commission Bouchard-Taylor, 2007-2008).

Depuis 2010, le poste de titulaire est occupé par Hélène Lee-Gosselin, professeure au Département de management. Elle y mène des travaux notamment sur les femmes entrepreneures, l’accès des femmes dans les instances décisionnelles (haute direction et conseil d’administration) et leurs pratiques.

Chaires régionales canadiennes

Les autres chaires régionales établies dans le cadre du Programme de la femme mis en place par le Secrétariat d’État du Canada dans les années 1980 sont :

Joint Chair in Women’s Studies
Chaire conjointe en Études des femmes
Université d’Ottawa
 Carleton University
Carleton University
 Pauline Jewett Institute of Women’s Studies
Dunton 1419
1125 Colonel By Drive
Ottawa, Ontario
K1S 5B6
University of Ottawa
Institute of Women’s Studies
143 Seraphin-Marion
P.O. Box 450, Sta. A
Ottawa, Ontario
K1N 6N5

Margaret Laurence Chair in Women’s Studies
University of Winnipeg
515 Portage Avenue
Winnipeg, Manitoba
R3B 2E9

Ruth Wynn Woodward Endowed Chair in Women’s Studies
Department of Women’s Studies
Simon Fraser University
Burnaby, B.C. V5A 1S6

Nancy Rowell Jackman Chair in Women’s Studies
Mount St. Vincent University
Halifax, Nova Scotia B3M 2J6

Claire Bonenfant

Le 29 septembre 1996, les féministes québécoises perdaient une amie, une soeur.

Dans le mouvement des femmes au Québec, Claire Bonenfant a été tout à la fois une femme de cœur et d'action, une intellectuelle engagée, une leader dynamique, bref, une grande féministe. Son engagement à l'amélioration de la condition de vie des femmes, amorcé dans les années 1970 au sein de la Fédération des femmes du Québec, ne s'est jamais démenti.

Nommée à la présidence du Conseil du statut de la femme en 1978, Claire Bonenfant y a fait montre d'un souci évident de raffermir les liens entre les femmes de tous les milieux parce qu'il lui paraissait important qu'elles participent en grand nombre à la réflexion sur les sujets de l'heure. Pendant sa présidence, elle a encouragé un rapprochement entre tous les groupes que les femmes avaient elles-mêmes formés, chaque région étant alors dotée d'un bureau du Conseil. On doit également à Claire Bonenfant la mise en place des deux outils d'information que sont La Gazette des femmes et le Répertoire des groupes de femmes ainsi que la création des prix Déméritas et Éméritas, attribués par le grand public québécois aux messages publicitaires jugés les plus et les moins sexistes. Forums, études, mémoires, bilans de politiques gouvernementales et soutien technique aux regroupements de femmes se sont enchaînés et ont monopolisé son attention et ses compétences au fil des années qu'elle a passées au Conseil.

Claire Bonenfant a travaillé très activement à la mise en œuvre de la politique d'ensemble de la condition féminine Pour les Québécoises: égalité et indépendance. En 1979, elle était d'ailleurs invitée à la présenter  à Paris dans le cadre des Journées canadiennes de l'UNESCO. L'année suivante, elle a aussi fait partie de la délégation québécoise au Congrès international des Nations Unies sur la situation des femmes tenu à Copenhague.

En 1983, le Forum intitulé Les femmes, une force économique insoupçonnée a réuni environ un millier de femmes qui ont participé à une prise de conscience majeure vers l'autonomie. Cependant, c'est surtout en raison de ses prises de position courageuses et de ses interventions politiques en ce qui a trait notamment aux batailles entourant l'avortement, l'équité en emploi et la mise au jour jamais finie des diverses formes de violence contre les femmes que Claire Bonenfant restera présente dans la mémoire collective québécoise.

Fréquemment invitée dans les universités à titre de personne-ressource, elle a toujours été une conférencière convaincante et fort appréciée. Elle croyait fermement en la nécessité de la recherche féministe comme ferment essentiel à l'action militante des femmes et moyen d'en circonscrire les enjeux.

Récipiendaire en 1991 de l'Ordre national du Québec à titre de Chevalier, c'est en quelque sorte tout son itinéraire personnel et professionnel, orienté vers l'amélioration des conditions de vie des femmes, qui recevait à cette occasion une juste reconnaissance de la part des instances politiques.

Toutefois, c'est son passage, en 1993, à titre de titulaire intérimaire à la Chaire d'étude sur la condition des femmes de l'Université Laval, qui l'a rendue plus familière et plus chère à la communauté lavalloise. La même année, sur la recommandation du recteur Michel Gervais, Claire Bonenfant a reçu le Prix du Gouverneur général en commémoration de l'Affaire « Personne ».

Pour manifester l'attachement des féministes de l'Université Laval et du Québec tout entier à la mémoire de cette femme de grand mérite, la Chaire d'étude sur la condition des femmes de l'Université Laval est devenue, en 1997, la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes.