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Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, Savoirs et Sociétés

Hommage à Lise Payette

10 Septembre 2018

L’Institut Femmes, Sociétés, Égalité et Équité et la Chaire Claire-Bonenfant — Femmes, Savoirs et Sociétés de l’Université Laval souhaitent rendre hommage à Lise Payette, décédée le mercredi 5 septembre dernier.

Comme animatrice à la radio et à la télévision, mais aussi comme journaliste, politicienne et auteure, Lise Payette a sensibilisé (parfois avec sérieux souvent avec humour) plusieurs générations de femmes et d’hommes aux inégalités sexuées au Québec.

Dès le début de sa carrière d’animatrice à Radio-Canada à l’émission Interdit aux Hommes puis à Place aux femmes (1965-1970), Lise Payette s’est fait connaître pour son engagement féministe, engagement qui s’est prolongé tout au long de sa vie. Dans son autobiographie Des femmes d’honneurs, Lise Payette se rappelle que lorsqu’elle animait l’émission de télévision Appelez-moi Lise (1970-1975), elle ne cachait pas ses opinions politiques contrairement à la plupart des autres animateurs d’affaires publiques. « J’étais toujours féministe et tout ce qui concernait l’avancement des femmes me touchait », affirmait-elle. Alors au sommet de sa popularité, l’animatrice n’hésitait pas à soutenir des causes controversées à l’époque, notamment en donnant des conférences sur l’accès des femmes à l’avortement.

En novembre 1976 alors qu’elle était la seule femme nouvellement élue députée au Parti Québécois, elle se souvient s’être sentie isolée parmi « tous ces messieurs cravatés ». Elle se réjouissait tout de même secrètement d’avoir créé une brèche dans l’arène de la politique provinciale pour les femmes : « Quand je pensais aux féministes du Québec, je rigolais intérieurement. J’avais envie de leur crier : “Ça y est, les filles, on a enfin entrouvert la porte!” ».

Les idées de Lise Payette et les chaudes luttes qu’elle a menées comme ministre dans le cabinet de René Lévesque entre 1971 et 1981 ont influencé bon nombre de femmes à s’engager en politique, dont la future première ministre du Québec, Pauline Marois, qui a participé à mettre en place des mesures plus favorables aux femmes telles que l’accès aux garderies et l’équité salariale.

Après son retrait du gouvernement, c’est grâce à l’écriture de plusieurs téléromans à succès, puis avec la rédaction de nombreuses chroniques journalistiques que Lise Payette a continué de partager ses idées pour un monde plus égalitaire et à susciter de nombreuses prises de conscience dans la population en général sur les injustices subies par les femmes.     

Nous souhaitons transmettre nos plus sincères condoléances aux proches de cette grande figure culturelle et politique du féminisme au Québec, et plus particulièrement à sa fille, Dominique Payette, professeure titulaire au département d’information et de communication de l’Université Laval.

Nous vous invitons à écouter ou à réécouter cet hommage à Lise Payette, diffusé dans le cadre de l’émission les Grands entretiens sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

Pour les références des citations voir : Lise Payette, Des femmes d’honneur, Montréal : Québec/Amérique, p. 48, p. 426.